Poemas en Francés





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Acerca de
Poemas en Francés es un blog que pretende acercar poemas de lengua francesa al castellano
Frases
"Por principio, toda traducción es buena. En cualquier caso, pasa con ellas lo que con las mujeres: de alguna manera son necesarias, aunque no todas son perfectas"

Augusto Monterroso

-La palabra mágica-

"Es imposible traducir la poesía. ¿Acaso se puede traducir la música?"

Voltaire

"La traducción destroza el espíritu del idioma"

Federico Garcí­a Lorca
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Paul Eluard -Comme une image- XIV. A l'assaut des jardins...-
dimanche, décembre 18, 2005
Comme une image
Paul Eluard (1895-1952)

XIV. A l'assaut des jardins...

A l'assaut des jardins
Les saisons sont partout à la fois
Passion de l'été pour l'hiver
Et la tendresse des deux autres
Les souvenirs comme des plumes
Les arbres ont brisé le ciel
Un beau chêne gâché de brume
La vie des oiseaux ou la vie des plumes
Et tout un panache frivole
Avec de souriantes craintes
Et la solitude bavarde


Como una imagen

XIV. Al asalto de los jardines...

Al asalto de los jardines
Las estaciones están a la vez en todos sitios
Pasión del verano por el invierno
Ternura del otoño y de la primavera
Los recuerdos como plumas
El cielo roto por los árboles
Un hermoso roble amasado de bruma
La vida de las plumas o la vida de las aves
Y todo un veleidoso penacho
Lleno de sonrientes .temores
Y la charlatana soledad

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Paul Eluard -L'extase-
L'extase
Paul Eluard (1895-1952)

Je suis devant ce paysage féminin
Comme un enfant devant le feu
Souriant vaguement et les larmes aux yeux
Devant ce paysage où tout remue en moi
Où des miroirs s'embuent où des miroirs s'éclairent
Reflétant deux corps nus saisons contre saisons

J'ai tant de raison de me perdre
Sur cette terre sans chemins et sous ce ciel sans horizon
Belle raison que j'ignorais hier
Et que je n'oublierai jamais
Belles clés des regards clés filles d'elles-mêmes
Devant ce paysage où la nature est mienne

Devant le feu le premier feu
Bonne raison maîtresse

Etoile identifiée
Et sur la terre et sous le ciel hors de mon coeur et dans mon coeur
Second bourgeon première feuille verte
Que la mer couvre de ses ailes
Et le soleil au bout de tout venant de nous

Je suis devant ce paysage féminin
Comme une branche dans le feu.


El éxtasis

Estoy ante este paisaje femenino
Como un niño ante el fuego
Sonriendo vagamente con lágrimas en los ojos
Ante este paisaje en que todo me emociona
Donde espejos se empañan donde espejos se limpian
Reflejando dos cuerpos desnudos estación a estación

Tengo tantas razones para perderme
En esta tierra sin caminos bajo este cielo sin horizont
eHermosas razones que ayer ignoraba
Y que ya nunca olvidaré
Hermosas llaves de miradas claves hijas de sí mismas
Ante este paisaje donde la naturaleza es mía

Ante el fuego el primer fuego
Buena razón maestra

Estrella identificada
Y en la tierra y bajo el cielo fuera de mi corazón y en él
Segundo brote primera hoja verde
Que el mar cubre con sus alas
Y el sol al fondo de todo que viene de nosotros

Estoy ante este paisaje femenino
Como rama en el fuego.

Versión de Jesús Munárriz

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Paul Eluard -Défense de savoir (II)- I. Ma présence n'est pas ici...-
Défense de savoir (II)
Paul Eluard (1895-1952)


I. Ma présence n'est pas ici...

Ma présence n'est pas ici.
Je suis habillé de moi-même.
Il n'y a pas de planète qui tienne
La clarté existe sans moi.
Née de ma main sur mes yeux
Et me détournant de ma voie
L'ombre m'empêche de marcher
Sur ma couronne d'univers,
Dans le grand miroir habitable,
Miroir brisé, mouvant, inverse
Où l'habitude et la surprise
Créent l'ennui à tour de rôle.


Defensa del saber (I)

I. Mi presencia no está aquí...

Mi presencia no está aquí
Estoy vestido de mí mismo
No hay más planeta que el tuyo
La claridad existe sin mí.

Nacida de mi mano en mis ojos
Y desviándome de mi sendero
La sombra me impide caminar
Sobre mi corona de universo
En el gran espejo habitable
Donde la costumbre y la sorpresa
Una tras otra crean el hastío.

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Paul Eluard -Défense de savoir- IX. J'en ai pris...-
Défense de savoir
Paul Eluard (1895-1952)

IX. J'en ai pris...

J'en ai pris un peu trop à mon aise
J'ai soumis des fantômes aux règles d'execption
Sans savoir que je devais les reconnaître tous
En toi qui disparaît pour toujours reparaître


Defensa del saber


IX. Los he apresado...

Los he apresado acaso con demasiado facilidad
He sometido a sus fantasmas a reglas de excepción
Sin saber que debía reconocerlos a todos en ti
Que siempre desapareces para de nuevo aparecer.

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Paul Eluard -A Marc Chagall-
A Marc Chagall
Paul Eluard (1895-1952)

Ane ou vache coque ou cheval
Jusqu'à la peau d'un violin
Homme chanteur un seul oiseau
Danseur agile avec sa femme

Couple trempé dans son printemps

L'or de l'herbe le plomb du ciel
Séparés par les flammes bleues
De la santé de la rosèe
Le sang s'irise le coeur tinte

Un couple le premier reflet

Et dans un souterrain de neige
La vigne opulente dessine
Un visage aux lèvres de lune
Qui n'a jamais dormi la nuit.


A Marc Chagall

Asno o buey gallo o corcel
Hasta la piel de un violín
Hombre cantor un solo pájaro
Bailarín ágil con su dama

Pareja inmersa en primavera

Hierba de oro cielo de plomo
Llamas azules los separan
Salud y rocío
Zumba la sangre el corazón

Una pareja luz primera

Y en una caverna de nieve
La viña opulenta dibuja
Labios de Tuna en una cara
Que nunca durmió de noche.

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Paul Eluard -Par un baiser-
Par un baiser
Paul Eluard (1895-1952)

Jour la maison et nuit la rue
Les musiciens de la rue
Jouent tous à perte de silence
Sous le ciel noir nous voyons clair

La lampe est pleine de nos yeux
Nous habitons notre vallée
Nos murs nos fleurs notre soleil
Nos couleurs et notre lumière

La capitale du soleil
Est à l'image de nous-mêmes
Et dans l'asile de nos murs
Notre porte est celle des hommes.


Por un beso

Casa diurna calle nocturna
Los músicos de la calle
Todos tocan y siguen tocando
Bajo lo oscuro vemos claro

Lámpara llena de ojos nuestros
Habitamos en nuestro valle
Nuestros muros flores y sol
Nuestros colores nuestra luz

La. capital del sol
Es el reflejo de nosotros
Y en el asilo de estos muros
Nuestra puerta es la de los hombres

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Paul Eluard -Mème quand nous dormons-
Mème quand nous dormons...
Paul Eluard (1895-1952)

Mème quand nous dormons nous veillons l’un sur l’autre,
Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d’un lac,
Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours,
Un jour après un jour une nuit après nous.


Hasta cuando dormimos...

Hasta cuando dormimos cada uno de nosotros
Continúa velando sobre el otro
Y este amor más pesado que el fruto maduro de un lago
Sin reír sin llorar y desde siempre
Dura día tras día y noche tras nosotros.

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Paul Eluard -Un seul sourire-
samedi, décembre 17, 2005
Un seul sourire
Paul Eluard (1895-1952)

Un seul sourire disputait
Chaque étoile à la nuit montante
Un seul sourirepour nous deux.

Et l'azur en tes yeux ravis
Contre la masse de la nuit
Trouvant sa flamme dans mes yeux.

J'ai vu par besoin de savoir
La haute nuit créer le jour
Sans que nous changions d'apparence.


Una sola sonrisa

Una sola sonrisa disputaba
Cada estrella a la noche ascendente
Una sola sonrisa para nosotros dos

Y el azul en tus ojos deslumbrados
Contra la masa de la noche
Encontraba su llama en mis ojos

Yo he visto por ansia de saber
La alta noche crear el día
Sin que cambiáramos nosotros.

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Paul Eluard -Du fond de l’abîme- III. Il n'étaient pas fous les mélancoliques...-
Du fond de l’abîme
Paul Eluard (1895-1952)

III. Il n'étaient pas fous les mélancoliques...

Il n'étaient pas fous les mélancoliques
ils étaient conquis digérés exclus
par la masse opaque
des monstres pratiques

avaient leur âge de raison les mélancoliques
l'âge de la vie
ils n'étaient pas là au commencement
à la création
ils n'y croyaient pas
et n'ont pas su du premier coup
conjuguer la vie et le temps
le temps leur paraissait long
la vie leur paraissait courte
et des couvertures tachées par l'hiver
sur des coeurs sans corps sur des coeurs sans nom
faisaient un tapis de dégoût glacé
même en plein été.


Desde el fondo del abismo

III. No estaban locos los melancólicos

No estaban locos los melancólicos
Estaban conquistados digeridos exclusos
Por la masa opaca
De los monstruos prácticos

Tenían su edad de razón los melancólicos
La edad de la vida
No estaban allá en el principio
En la creación
Ellos no creían
Y no supieron desde el principio
Conjugar la vida y el tiempo
El tiempo les parecía largo
La vida les parecía coma
Y de las mantas manchadas por el invierno
Sobre corazones sin cuerpo sin nombre
Hacían un tapiz de asco helado
Aún en pleno verano.

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Paul Eluard -Du fond de l’abîme- VII. Nous sommes à nous deux...-
Du fond de l’abîme
Paul Eluard (1895-1952)

VII. Nous sommes à nous deux...

Nous sommes à nous deux la première nuée
Dans l’étendue absurde du bonheur cruel
Nous sommes la fraîcheur future
La première nuit de repos
Qui s’ouvrira sur un visage et sur des yeux nouveaux et purs
Nul ne pourra les ignorer


Desde el fondo del abismo

VII. Entre los dos somos...

Entre los dos somos la primera nube
En la extensión absurda de la dicha cruel
Somos la frescura futura
La primera noche de reposo
Que se abrirá sobre un rostro
Sobre ojos nuevos y puros
Nadie podrá ignorarlos.

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posted by Alfil @ 9:01 PM   0 comments
Paul Eluard -Ici-
Ici
Paul Eluard (1895-1952)

Une rue abandonnée
Une rue profonde et nue
Où les fous ont moins de peine
Que les sages à pourvoir
Aux jours sans pain sans charbon

C'est une question de taille
Tant de sages pour un fou
Mais rien par delà l'immense
Majorité du bon sens
Un jour cru sans proportions

La rue comme une blessure
Qui ne se fermera pas
Le dimanche l'élargit
Le ciel est un ciel d'ailleurs
Roi d'un pays étranger

Un ciel rose un ciel heureux
Respirant beauté santé
Sur la rue sans avenir
Qui coupe mon coeur en deux
Qui me prive de moi-même


Aquí

Una calle abandonada
Calle profunda y desnuda
Donde es fácil a los locos
Más que a los cuerdos vivir
Días sin pan ni carbón

Todo es cuestión de medida
Tantos cuerdos para un loco
Más allá sólo la inmensa
Mayoría del buen sentido
Demasiado creído un día

La calle como una herida
Que no cerrará jamás
El domingo la ensancha
El cielo es de otro lugar
Rey de un país extranjero

Cielo rosa y feliz
Todo belleza y salud
En la calle sin futuro
Que me parte el corazón
Que me priva de mi mismo

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posted by Alfil @ 8:59 PM   0 comments
Paul Eluard -Tout est brisé...-
Tout est brisé...
Paul Eluard (1895-1952)

Tout est brisé par la parole la plus faible
Ombre d’idée idée de l’ombre mort heureuse
Le feu devient eau tiède et le pain en miettes
Le sang farde un sourire et la foudre une larme
Le plomb caché par l’or pèse sur nos victoires
Nous n’avons rien semé qui ne soit ravagé
Par le bec minutieux des délices intimes
Les ailes rentrent dans l’oiseau pour le fixer.


Todo está roto...

Todo está roto por la palabra más débil
Sombra de idea idea de la muerte feliz
El pan se cambia en migas y el fuego en agua tibia
Y la sangre en sonrisa y el rayo en una lágrima
El plomo bajo el oro pesa en nuestras victorias
No hemos sembrado nada que no esté devastado
Por el medido pico de las delicias intimas
Las alas vuelven para hacer al pájaro.

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posted by Alfil @ 8:56 PM   0 comments
Paul Eluard -Notre Mouvement-
Notre Mouvement
Paul Eluard (1895-1952)

Nous vivons dans l'oubli de nos métamorphoses
Le jour est paresseux mais la nuit est active
Un bol d'air à midi la nuit le filtre et l'use
La nuit ne laisse pas de poussière sur nous

Mais cet écho qui roule tout le long du jour
Cet écho hors du temps d'angoisse ou de caresses
Cet enchaînement brut des mondes insipides
Et des mondes sensibles son soleil est double

Sommes-nous près ou loin de notre conscience
Où sont nos bornes nos racines notre but

Le long plaisir pourtant de nos métamorphoses
Squelettes s'animant dans les murs pourrissants
Les rendez-vous donnés aux formes insensées
A la chair ingénieuse aux aveugles voyants

Les rendez-vous donnés par la face au profil
Par la souffrance à la santé par la lumière
A la forêt par la montagne à la vallée
Par la mine à la fleur par la perle au soleil

Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terre
Nous naissons de partout nous sommes sans limites


Nuestro Movimiento

Vivimos olvidando nuestras metamorfosis
El día es perezoso pero la noche activa
El día un tazón de aire y la noche lo filtra
Y lo usa y no deja polvo sobre nosotros

Pero este eco que rueda a lo largo del día
Eco fuera del tiempo de angustia o de caricias
Seco encadenamiento de los mundos insípidos
Y mundos sensibles cuyo sol es doble

Estamos cerca o lejos de la conciencia nuestra
Donde están nuestros límites y raíces y fin

Pero el largo placer de las metamorfosis
Esqueletos irguiéndose en los muros pudriéndose
Las citas dadas a las formas insensatas
A la carne ingeniosa a los ciegos videntes

Las citas dadas por el frente al perfil
Por el sufrimiento a la salud por la luz
A la selva por la montaña al valle
Por la mina a la flor y por la perla al sol

Estamos cuerpo a cuerpo a ras de tierra estamos
Nacemos dondequiera no conocemos límites

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posted by Alfil @ 8:53 PM   0 comments
Paul Eluard -En vertu de l'Amour-
En vertu de l’Amour
Paul Eluard (1895-1952)

J’ai dénoué la chambre où je dors, où je rêve,
Dénoué la campagne et la ville où je passe,
Où je rêve éveillé, où le soleil se lève,
Où, dans mes yeux absents, la lumière s’amasse.

Monde au petit bonheur, sans surface et sans fond,
Aux charmes oubliés sitôt que reconnus,
La naissance et la mort mêlent leur contagion
Dans les plis de la terre et du ciel confondus.

Je n’ai rien séparé mais j’ai doublé mon cœur.
D’aimer, j’ai tout créé : réel, imaginaire,
J’ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur
Et son rôle immortel à celle qui m’éclaire.


En virtud del Amor

He desatado el cuarto en donde duermo y sueño
He desatado el campo, la ciudad donde paso,
Donde sueño despierto, donde el sol se levanta,
Y en mis ojos ausentes se atesora la luz.

Mundo de breve dicha, sin extensión ni fondo,
De encantos olvidados no bien reconocidos,
EI nacer y el morir mezclando su contagio
Confusos en los pliegues de la tierra y del cielo.

No he separado nada: dupliqué el corazón.
Creando, amando todo: real, imaginario.
Di su razón, su forma, su calor
Y su rol inmortal a aquélla que me aclara.

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posted by Alfil @ 8:47 PM   1 comments
Paul Eluard -Les limites du malheur-
Les limites du malheur
Paul Eluard (1895-1952)

Mes yeux soudain horriblement
Ne voient pas plus loin que moi
Je fais des gestes dans le vide
Je suis comme un aveugle-né
De son unique nuit témoin

La vie soudain horriblement
N'est plus à la mesure du temps
Mon désert contredit l'espace
Désert pourri désert livide
De ma morte que j'envie

J'irai dans mon corps vivant les ruines de l'amour
Ma morte dans sa robe au col tâché de sang.


Los límites de la desdicha

Mis ojos de pronto horriblemente
Ya no ven más allá de mí
Hago gestos en el vacío
Soy ciego de nacimiento
Testigo de su única noche

La vida de pronto horriblemente
Ya no está a la medida del tiempo
Mi desierto rompe el espacio
El desierto podrido y lívido
De mi muerta que envidio

Tengo en mi cuerpo vivo las ruinas del amor
Mi muerta en su vestido con el cuello sangriento.

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posted by Alfil @ 8:45 PM   0 comments
Paul Eluard -Ma morte vivante-
Ma morte vivante
Paul Eluard (1895-1952)

Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien, cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.


Mi muerta viva

Nada está en movimiento en mi desdicha
Espero nadie vendrá
Ni de día ni de noche
Ni nunca más de lo que fui yo mismo

Mis ojos separados de tus ojos
Pierden su confianza su luz
Mi boca separada de tu boca
Mi boca separada del placer
Y del sentido del amor y de la vida
Mis manos separadas de tus manos
Mis manos dejan escapar todo
Mis pies separados de tus pies
No avanzarán más no hay más caminos
Ya no conocerán mi peso ni el reposo

Me es dado ver mi vida terminar
Con la tuya
Mi vida en tu poder
Que yo creí infinita

Y el porvenir
Mi única esperanza es mi tumba
Igual a la tuya
Rodeada de un mundo indiferente

Estaba tan cerca de ti
Que tengo frío cerca de los otros.

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posted by Alfil @ 8:41 PM   0 comments
Paul Eluard -Négation de la poésie-
Négation de la poésie
Paul Eluard (1895-1952)

J’ai pris de toi tout le souci tout le tourment
Que l’on peut prendre à travers tout à travers rien
Aurais-je pu ne pas t’aimer
O toi rien que la gentillesse
Comme une pêche après une autre pêche
Aussi fondantes que l’été

Tout le souci tout le tourment
De vivre encore et d’être absent
D’écrire ce poème

Au lieu du poème vivant
Que je n’écrirai jamais
Puisque tu n’es pas là

Les plus tenus dessins du feu
Préparent l’incendie ultime
Les moindres miettes de pain
Suffisent aux mourants

J’ai connu la vertu vivante
J’ai connu le bien incarné
Je refuse ta mort mais
j’accepte la mienne
Ton ombre qui s’étend sur moi
Je voudrais en faire un jardin

L’arc débandé nous sommes de la même nuit
Et je veux continuer ton immobilité
Et le discours inexistant
Qui commence avec toi qui finira en moi
Avec moi volontaire obstiné révolté
Amoureux comme toi des charmes de la terre.


Negación de la poesía

Tú me diste las dudas los tormentos
Que se encuentran en todo o en nada
Habría podido no amarte
Oh tú sólo gracia
Corno un durazno junto a otro durazno
Tan fundentes como el verano

Todas las albas todos los tormentos
De vivir todavía estando ausente
De escribir este poema

En lugar del poema vivo
Que no escribiré
Puerto que tú no estás

Los más tenues dibujos del fuego
Preparan el incendio final
Las menores migas de pan
Bastan a los moribundos

Conocí la virtud viva
Conocí el bien encarnado
Rechazo tu muerte pero acepto la mía
Tu sombra que se extiende sobre mí
Quisiera hacer en ella un jardín

Deshecho el arco
Pertenecemos a la misma noche
Y quiero continuar tu inmovilidad
Y el discurso inexistente
Que comienza contigo que acabará en mí
Conmigo voluntario obstinado rebelde
Enamorado como tú
Del atractivo de la tierra.

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posted by Alfil @ 8:35 PM   0 comments
Paul Eluard -Notre vie-
Notre vie
Paul Eluard (1895-1952)

Notre vie tu l'as faite elle est ensevelie
Aurore d'une ville un beau matin de mai
Sur laquelle la terre a refermé son poing
Aurore en moi dix-sept années toujours plus claires
Et la mort entre en moi comme dans un moulin

Notre vie disais-tu si contente de vivre
Et de donner la vie à ce que nous aimions
Mais la mort a rompu l'équilibre du temps
La mort qui vient la mort qui va la mort vécue
La mort visible boit et mange à mes dépens

Morte visible Nusch invisible et plus dure
Que la faim et la soif à mon corps épuisé
Masque de neige sur la terre et sous la terre
Source des larmes dans la nuit masque d'aveugle
Mon passé se dissout je fais place au silence.


Nuestra vida

Tú hiciste nuestra vida ahora está amortajada
Alba de una ciudad un bello día de mayo
Sobre la cual la tierra ha cerrado su puño
Alba en mi diecisiete años siempre más claros
Y la muerte entra en mí como en un molino

Decías nuestra vida tan feliz de vivir
Y de dar esa vida a lo que amábamos
Pero la muerte ha roto la balanza del tiempo
La muerte que va la muerte que viene la muerte vivida
La muerte visible come y bebe a mi costa

Muerta. visible Nusch invisible y más dura
Que la sed y el hambre en mi cuerpo agotado
Nocturno hilo de llanto y máscara de ciego
Y máscara de nieve sobre y bajo la tierra
Mi pasado se esfuma y hago sitio al silencio.

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posted by Alfil @ 8:32 PM   0 comments
Paul Eluard -Je suis le spectateur et l’acteur...-
Je suis le spectateur et l’acteur...
Paul Eluard (1895-1952)

Je suis le spectateur et l’acteur,
Je suis la femme et son mari et leur enfant,
Et le premier amour et le dernier amour,
Et le passant furtif et l’amour confondu

Et de nouveau la femme, et son lit et sa robe
et ses bras partagés, Et le travail de l’homme
et son plaisir en flèche et la houle femelle,
(...)


Soy el espectador y el actor...

Soy el espectador y el actor
Soy la mujer su marido y su hijo
Soy el primer amor y soy el último
Y el que pasa furtivo y el amor confundido

Y otra vez la mujer su cama y su vestido
Sus brazo compartidos y el trabajo del hombre
Y su placer en flecha y su oleaje hembra
(...)

Libellés :

posted by Alfil @ 8:28 PM   0 comments
Paul Eluard -Puisqu'il le faut-
Puisqu'il le faut
Paul Eluard (1895-1952)

Dans le lit plein ton corps se simplifie
Sexe liquide univers de liqueur
Liant des flots qui sont autant de corps
Entiers complets de la nuque aux talons
Grappe sans peau grappe-mère en travail
Grappe servile et luisante de sang
Entre les seins les cuisses et les fesses
Régentant l'ombre et creusant la chaleur
Lèvre étendue à l'horizon du lit
Sans une éponge pour happer la nuit
Et sans sommeil pour imiter la mort.

Frapper la femme monstre de sagesse
Captiver l'homme à force de patience
Doucer la femme pour éteindre l'homme
Tout contrefaire afin de tout réduire
Autant rêver d'être seul et aveugle.

Je n'ai de cœur qu'en mon front douloureux.

L'après-midi nous attendions l'orage
Il éclatait lorsque la nuit tombait
Et les abeilles saccageaient la ruche
Puis de nos mains tremblantes maladroites
Nous allumions par habitude un feu
La nuit tournait autour de sa prunelle
Et nous disions je t'aime pour y voir.

Le temps comblé la langue au tiers parfum
Se retenait au bord de chaque bouche
Comme un mourant au bord de son salut
Jouer jouir n'était plus enlacés
Du sol montait un corps bien terre à terre
L'ordre gagnait et le désir pesait
Branche maîtresse n'aimait plus le vent

Par la faute d'un corps sourd
Par la faute d'un corps mort
D'un corps injuste et dément.


Ya que es necesario

En el lecho tu cuerpo se simplifica
Sexo líquido universo de licor
Atando ondas que son otros cuerpos
Enteros completos de la nuca al talón
Racimo ya sin piel racimo central
Racimo servil brillante de sangre
Entre las distintas partes de tu cuerpo
Dirigiendo la sombra ahuecando el calor
Labio extendido en el confín del lecho
Sin una esponja en que chupar la noche
Y sin sueño para imitar la muerte

Golpear a la mujer monstruo de pudor
Cautivar al hombre con mucha paciencia
Suavizar la mujer para extinguir al hombre
Disfrazar todo para reducir todo
Mejor soñar con estar solo y ciego

No tengo corazón más que mi frente rota.

A la tarde esperábamos tormenta
Estallaba cuando caía la noche
Las abejas saqueaban la colmena
Luego con manos trémulas torpes
Por costumbre encendíamos un fuego

La noche giraba en torno a su pupila
Decíamos te quiero para poder ver

Colorado el tiempo
La lengua en el tercer perfume
Se detenía en la frontera de cada boca
Como un moribundo al borde de su salvación
Jugar gozar ya no estaban enlazados
Subía del suelo un cuerpo a ras de tierra
El orden vencía y el deseo pesaba
Rama central no amaba más al viento

Por culpa de un cuerpo sordo
Por culpa de un cuerpo muerto
De un cuerpo injusto y demente,

Libellés :

posted by Alfil @ 8:25 PM   0 comments
Paul Eluard -Je t’ai imaginée-
Je t’ai imaginée
Paul Eluard (1895-1952)

Le grand merci que je dois à la vie
Non à la mienne mais à toute vie
Car tu es femme entière à la folie
Et rien n’a pu te réduire à toi-même
Dors mon enfance ma confiance d’or
Sur la litière où nous n’avons qu’un cœur
Fuyez misères à visage d’homme
Veiller sur toi c’est rêver d’être toi

C’est être sérieux
Sans avoir rien appris
Si de raison ma tête s’éclairait
Je ne serais qu’un homme qui a tort
Baiser m’enivre un peu plus qu’il ne faut
Je suis futur et rien n’a de limites
Toi l’endormie moi l’homme sans sommeil
Nous partageons une marge indistincte
De fruits de fleurs de fruits couvrant les fleurs
Et de soleil s’enchevêtrant aux nuits

Comme si la nuit
Était la terre des couleurs
Comme si la verdure et l’automne
Naissaient du gel fixé aux branches
Comme si ces vivants que l’on nomme
Sel de la terre ou lumière de nuit
Ne pouvaient pas se contrefaire
Ne pas avoir un ventre déférent
Des seins décents aimables complaisants
Où en es-tu je vis j’ai vécu je vivrai
Je crée je t’ai créée je te transformerai
Pourtant je suis toujours par toi l’enfant sans ombre
Je t’ai imaginée.


Yo te he imaginado

La gran merced que debo a la vide
No a la mía sino a toda la vida
Pues tú eres locamente mujer
Nada pudo reducirte a ti misma
Duerme mi infancia mi confianza de oro
En la litera donde sólo tenemos un corazón
Huid miserias con cara de hombre
Velar sobre ti es soñar ser tú

Es estar serio
Sin haber aprendido nada
Si la razón aclara mi cabeza
Sólo seria un hombre sin razón
Besar me embriaga más de lo debido
Soy futuro y nada tiene límites
Tú la durmiente yo el hombre sin sueño
Compartimos un margen indistinto
De frutos de flores de frutos cubriendo las flores
De sol enmarañándose con las noches

Como si la noche
Fuera la tierra de colores
Como si el verdor y el otoño
Nacieran del hielo fijado en las ramas
Como si estos seres vivientes que se llaman
Sal de la tierra o luz de la noche

No pudieran disfrazarse
Tener un vientre condescendiente
Somos decentes amables complacientes
Y estas manos obstinadas en el trabajo de las caricias
Donde tú estás yo vivo viví viviré
Te he creado te creo te transformaré
Pero siempre por ti soy el niño sin sombra
Yo te he imaginado.

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posted by Alfil @ 8:18 PM   0 comments
Paul Eluard -Jeunesse engendre la jeunesse-
Jeunesse engendre la jeunesse
Paul Eluard (1895-1952)

J'ai été comme un enfant
Et comme un homme
J'ai conjugué passionnément
Le verbe être et ma jeunesse
Avec le désir d'être homme

On se veut quand on est jeune
Un petit homme
Je me voudrais un grand enfant
Plus fort et plus juste qu'un homme
Et plus lucide qu'un enfant

Jeunesse force fraternelle
Le sang répète le printemps
L'aurore apparaît à tout âge
A tout âge s'ouvre la porte
Etincelante du courage

Comme un dialogue d'amoureux
Le coeur n'a qu'une seule bouche.


Juventud engendra juventud

He sido como un niño
Y como un hombre
He conjugado apasionadamente
El verbo ser y mi juventud
Con el deseo de ser hombre

Uno quiere ser cuando joven
Un hombrecito
Yo quisiera ser un gran niño
Más fuerte y más justo que un hombre
Más lúcido que un niño

Juventud fuerza fraterna
La sangre repite la primavera
La aurora aparece a toda edad
A toda edad se abre la puerta
Centelleante del coraje

Como un diálogo de enamorados
El corazón sólo tiene una boca.

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posted by Alfil @ 8:14 PM   0 comments
Paul Eluard -Prête aux baisers résurrecteurs-
Prête aux baisers résurrecteurs
Paul Eluard (1895-1952)

Pauvre je ne peux pas vivre dans l'ignorance
Il me faut voir entendre et abuser
T'entendre nue et te voir nue
Pour abuser de tes caresses

Par bonheur ou par malheur
Je connais ton secret pas cœur
Toutes les portes de ton empire
Celle des yeux celle des mains
Des seins et de ta bouche où chaque langue fond
ET la porte du temps ouverte entre tes jambes
La fleur des nuits d'été aux lèvres de la foudre
Au seuil du paysage où la fleur rit et pleure
Tout en gardant cette pâleur de perle morte
Tout en donnant ton cœur tout en ouvrant tes jambes

Tu es comme la mer tu berces les étoiles
Tu es le champ d'amour tu lies et tu sépares
Les amants et les fous
Tu es la faim le pain la soif l'ivresse haute

Et le dernier mariage entre rêve et vertu.


Preparado para los besos resucitadores

Pobre de mí no puedo vivir en la ignorancia
Me hace falta ver escuchar y abusar
Escucharte desnuda verte desnuda
Para abusar de tus caricias

Por suerte o por desgracia
Conozco tu secreto de memoria
Todas las puertas de tu imperio
La de los ojos la de las manos
De los senos y de tu boca donde toda lengua se funde

Y la puerta del tiempo abierta entre tus piernas
La flor de las noches de verano en los labios del rayo
En el umbral del paisaje donde la flor ríe y flora
A la vez que guarda esa palidez de perla muerta
Dando tu corazón abriendo tus piernas

Eres como el mar acunas las estrellas
Eres campo de amor unes y separas
Los amantes y los locos
Eres el hombre el pan la sed la alta ebriedad

Y el matrimonio último entre sueño y virtud.

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posted by Alfil @ 8:06 PM   0 comments
Paul Eluard -Je suis un homme dans le vide...-
Je suis un homme dans le vide...
Paul Eluard (1895-1952)

Je suis un homme dans le vide
Un sourd un aveugle un muet
Sur un immense socle de silence noir

Rien cet oubli sans bornes et absolu d'un zéro répété
La solitude complétée

Le jour est sans tache et la nuit est pure.
(...)


Soy un hombre en el vacío...

Soy un hombre en el vacío,
Soy un sordo ciego un mudo
Sobre un inmenso pedestal de silencio negro

Nada
Esté olvido sin límites
Este absoluto de un cero repetido
La soledad completa

El día es intachable la noche pura
(...)

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posted by Alfil @ 8:00 PM   0 comments
Paul Eluard -Dominique aujourd'hui présente-
Dominique aujourd'hui présente
Paul Eluard (1895-1952)

Toutes les choses au hasard
Tous les mots dits sans y penser
Et qui sont pris comme ils sont dits
Et nul n'y perd et nul n'y gagne

Les sentiments à la dérive
Et l'effort le plus quotidien
Le vague souvenir des songes
L'avenir en butte à demain

Les mots coincés dans un enfer
De roues usées de lignes mortes
Les choses grises et semblables
Les hommes tournant dans le vent

Muscles voyants squelette intime
Et la vapeur des sentiments
Le coeur réglé comme un cercueil
Les espoirs réduits à néant

Tu es venue l'après-midi crevait la terre
Et la terre et les hommes ont changé de sens
Et je me suis trouvé réglé comme un aimant
Réglé comme une vigne

A l'infini notre chemin le but des autres
Des abeilles volaient futures de leur miel
Et j'ai multiplié mes désirs de lumière
Pour en comprendre la raison

Tu es venue j'étais très triste j'ai dit oui
C'est à partir de toi que j'ai dit oui au monde
Petite fille je t'aimais comme un garcon
Ne peut aimer que son enfance

Avec la force d'un passé très loin très pur
Avec le feu d'une chanson sans fausse note
La pierre intacte et le courant furtif du sang
Dans la gorge et les lèvres

Tu es venue le voeu de vivre avait un corps
Il creusait la nuit lourde il caressait les ombres
Pour dissoudre leur boue et fondre leurs glacons
Comme un oeil qui voit clair

L'herbe fine figeait le vol des hirondelles
Et l'automne pesait dans le sac des ténèbres
Tu es venue les rives libéraient le fleuve
Pour le mener jusqu'à la mer

Tu es venue plus haute au fond de ma douleur
Que l'arbre séparé de la forêt sans air
Et le cri du chagrin du doute s'est brisé
Devant le jour de notre amour

Gloire l'ombre et la honte ont cédé au soleil
Le poids s'est allégé le fardeau s'est fait rire
Gloire le souterrain est devenu sommet
La misère s'est effacée

La place d'habitude où je m'abêtissais
Le couloir sans réveil l'impasse et la fatigue
Se sont mis à briller d'un feu battant des mains
L'éternité s'est dépliée

O toi mon agitée et ma calme pensée
Mon silence sonore et mon écho secret
Mon aveugle voyante et ma vue dépassée
Je n'ai plus eu que ta présence

Tu m'as couvert de ta confiance.


Dominique hoy presente

Todas las cosas al azar
Las palabras dichas sin pensar
Se toman como se dicen
Nadie pierde nadie gana

Los sentimientos a la deriva
Y el esfuerzo más cotidiano
El vago recuerdo de los sueños
El porvenir impuesto al mañana

Palabras presas de un infierno
De ruedas rotas líneas muertas
Las cosas grises todas iguales
Los hombres girando en el viento

Carnes videntes huesos íntimos
Y el vapor de los sentimientos
El corazón es como un féretro
Las esperanzas hechas nada

Viniste de tarde morfa la tierra
Y la tierra y los hombres cambiaron de sentido
Y me encontré regido como un imán
Ordenado como una viña

Al infinito nuestra ruta pare todos
Las abejas volaban futuras de su miel
Multipliqué mi ansia de luz
Para comprender la razón

Viniste a mi tristeza te dije que sí
A, partir de ti dije al mundo que sí
Niñita te quería como un muchacho
No puede amar sino su infancia

Con fuerza de pasado lejano y puro
Con fuego de canción sin un error
La piedra intacta y el curso furtivo de la sangre
En la garganta y en los labios

Viniste la vida tenía un cuerpo
Acariciaba sombras ahuecaba la noche pesada
Para disolver su barro para fundir su hielo
Como ojo que ve claro

Aquietaba la hierba el vuelo de los pájaros
Y el otoño pesaba en la bolsa nocturna
Viniste las orillas liberaban el río
Pare llevarlo hasta el mar

Viniste al fondo de mi dolor más alta
Que el árbol separado del bosque sin aire
Y el desdichado grito de la duda se ha roto
Frente al día de nuestro amor

Qué gloria la vergüenza cedió al sol
El peso se alivió la carga se hizo risa
Qué gloria la cueva se volvió cima
Se desvaneció la miseria

El lugar habitual donde me embrutecía
El corredor insomne la fatiga
A brillar se pusieron como un fuego atizado
Se desplegó la eternidad

Oh tú mi pensamiento agitado y tranquilo
Mi silencio sonoro y mi eco secreto
Mi ciego vidente mi vista excesiva
No tuve más que tu presencia

Me has abierto con tu confianza.

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posted by Alfil @ 7:53 PM   0 comments
Paul Eluard -Ecrire Dessiner Inscrire- VII. La ruche de ta chair...-
Ecrire Dessiner Inscrire
Paul Eluard (1895-1952)

VII. La ruche de ta chair...

La ruche de ta chair sous l'unique soleil
Dora d'unique miel mon ciel qui s'éveillait.

Une femme c'est toi
Un amoureux c'est moi

Par la caresse nous sortons de notre enfance
Mais un seul mot d'amour et c'est notre naissance.

Un baiser calme dans la nuit
Les plus lourdes ombres s'enfuient.

Même sommeil même réveil
Nous partageons nos rêves et nos soleils.

Diverses douceurs diverses couleurs
Tu ne m'es jamais étranger mon coeur

Parle je suis l'écho de tout ce que tu dis
Tout en haut de mon mur tu retrouves ton nid.


Escribir dibujar inscribir

VII. La colmena de tu carne...

La colmena de tu carne bajo el único sol
Doró de una miel única mi cielo despertándose.

Tú eres una mujer
Yo soy un enamorado.

Acariciándonos salimos de nuestra infancia
Una sola palabra de amor y nacemos.

Un beso tranquilo en la noche
Huyen las más pesadas sombras.
'
Igual dormir igual despertar
Compartimos nuestros sueños y nuestro sol.

Diversas dulzuras diversos colores
Nunca me eres extraña amor mío.

Habla yo soy el eco de todo lo que dices
En lo alto de mi muro vuelves a hallar tu nido.

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posted by Alfil @ 7:44 PM   0 comments
Paul Eluard -La petite enfance de Dominique- II. Celle qui s’est donnée...-
La petite enfance de Dominique
Paul Eluard (1895-1952)

II.Celle qui s’est donnée...

Celle qui s’est donnée
Comme dans l’herbe
L’œil humble d’une source

Celle qui s’est donnée
Plus ferme que pensée
Luttant pour exister

Plus dure que la vie
Entremêlée d’espoir
Graine des fleurs fanées

Celle qui s’est donnée
A partir d’elle tout se donne
Dans la nature et dans l’homme

Tout se donne en silence
En gestes et en paroles
Je dessine une femme

Une mère accordée
Au grand jour du passé
Et jusqu’à son déclin

Jusqu’à son renouveau
Je la vois avec ses défauts
Limpide comme un champs de blé

Elle efface le froid
Jeunesse monte dans la terre
Nulle fleur n’est sans racines

L’enfant tient au sein de sa mère.


La primera infancia de Dominique

II. La que se dió...

La que se dió
Dulce como en la hierba
El ojo humilde de una fuente

La que se dio
Más firme que pensamiento
Luchando pare existir

Más dura que la vida
Entremezclada de esperanza
Semilla de las floras marchitas

Le que se dio
A partir de ella todo se da
En la naturaleza y en el hombre

Todo se da en silencio
En gestos en palabras
Dibujo una mujer

Una madre concedida
Al gran día al pasado
Y hasta su decadencia

Hasta su renacer
La veo con sus errores
Límpida como un tempo de trigo

Bona el frío
Juventud sube en la tierra
No hay ninguna flor sin raíces

La niña no puede estar
Más que en el seno de su madre

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posted by Alfil @ 7:37 PM   0 comments
Paul Eluard -Air vif-
Air vif
Paul Eluard (1895-1952)

J'ai regardé devant moi
Dans la foule je t'ai vue
Parmi les blés je t'ai vue
Sous un arbre je t'ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l'eau et du feu

L'été l'hiver je t'ai vue
Dans ma maison je t'ai vue
Entre mes bras je t'ai vue
Dans mes rêves je t'ai vue

Je ne te quitterai plus.


Aire vivo

Miré delante de mí
Te vi en la multitud
Te vi por el trigal
Bajo un árbol te vi

Al fondo de mis viajes
Al fin de mis tormentos
A la vuelta de las risas
Al salir del agua y el fuego

En todo tiempo te vi
En mi casa te vi
Te vi entre mis brazos
En mis sueños te vi

Nunca. te dejaré.

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posted by Alfil @ 7:30 PM   1 comments
Paul Eluard -Printemps-
Printemps
Paul Eluard (1895-1952)


Il y a, sur la plage, quelques flaques d'eau.
Il y a, dans les bois, des arbres fous d'oiseaux.
La neige fond dans la montagne.
Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs
Que le pâle soleil recule.

C'est par un soir d'hiver,
Dans un monde très dur,
Que tu vis ce printemps,
Près de moi, l'innocente.

Il n'y a pas de nuit pour nous.
Rien de ce qui périt, n'a de prise sur moi
Mais je ne veux pas avoir froid.

Notre printemps
est un printemps qui a raison


Primavera

En la playa hay charcos de agua
En los bosques hay árboles locos de pájaros
La nieve se licúa en la montaña
Las ramas del manzano brillan de tantas flores
Que el pálido sol retrocede

Fue una tarde de invierno
en un mundo muy duro
Que vi esa primavera
cerca de tu inocencia

No hay noche para nosotros
Nada de lo que muere influye sobre ti
Y tú no quieres tener frío

Nuestra primavera
Es una primavera que tiene razón.

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posted by Alfil @ 7:28 PM   2 comments
Paul Eluard -Certitude-
Certitude
Paul Eluard (1895-1952)

Si je te parle c'est pour mieux t'entendre
Si je t'entends je suis sûr de te comprendre

Si tu souris c'est pour mieux m'envahir
Si tu souris je vois le monde entier

Si je t'étreins c'est pour me continuer
Si nous vivons tout sera à plaisir

Si je te quitte nous nous souviendrons
En te quittant nous nous retrouverons


Certeza

Si te hablo es pare escucharte mejor
Si te escucho estoy seguro de comprender

Si sonríes es para invadirme mejor
Si sonríes veo el mundo entero

Si te abrazo es para continuarme
Si vivimos todo será espléndido

Si te abandono nos recordaremos
Abandonándonos nos hallaremos.

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posted by Alfil @ 7:26 PM   0 comments
Paul Eluard -Nous deux-
Nous deux
Paul Eluard (1895-1952)

Nous deux nous tenant par la main
Nous nous croyons partout chez nous
Sous l'arbre doux sous le ciel noir
Sous tous les toits au coin du feu
Dans la rue vide en plein soleil
Dans les yeux vagues de la foule
Auprès des sages et des fous
Parmi les enfants et les grands
L'amour n'a rien de mystérieux
Nous sommes l'évidence même
Les amoureux se croient chez nous.


Nosotros dos

Nosotros dos de la mano
En todas partes estamos en casa
Bajo el árbol suave bajo el cielo negro
Bajo cualquier techo en el rincón del fuego
En la calle vacía en pleno sol
En los ojos vagos de la multitud junto a los cuerdos y a los locos
Entre los niños y los grandes
Qué tiene el amor de misterioso
Somos la evidencia misma
Todos los enamorados
Creen estar en nuestra casa.

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posted by Alfil @ 7:23 PM   0 comments
Paul Eluard -Dans l'amour la vie a encore...-
Dans l'amour la vie a encore...
Paul Eluard (1895-1952)

Dans l'amour la vie a encore
L'eau pure de ses yeux d'enfant
Qui s'ouvre sans savoir comment
Sa bouche est encore une fleur

Dans l'amour la vie a encore
Ses mains agrippantes d'enfant
Ses pieds partent de la lumière
Et ils s'en vont vers la lumière

Dans l'amour la vie a toujours
Un coeur léger et renaissant
Rien n'y pourra jamais finir
Demain s'y allège d'hier.


En el amor la vida tiene aún...

En el amor la vida tiene aún
El agua pura de sus ojos niños
Que se abren sin saber cómo
Su boca es todavía una flor

En el amor la vida tiene aún
Sus manos ávidas de niño
Sus pies parten de la luz
Y van hacia la luz

En el amor la vida tiene siempre
Un corazón ligero y renaciente
Nada podrá jamás terminar
Mañana se aligera de ayer.

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posted by Alfil @ 7:12 PM   0 comments
Paul Eluard -Mes sommets étaient à ma taille...-
Mes sommets étaient à ma taille...
Paul Eluard (1895-1952)

Mes sommets étaient à ma taille
J'ai roulé dans tous mes ravins
Et je suis bien certain que ma vie est banale
Mes amours ont poussé dans un jardin commun
Mes vérités et mes erreurs
J'ai pu les peser comme on pèse
Le blé qui double le soleil
Ou bien celui qui manque aux granges
J'ai donné à ma soif l'ombre d'un gouffre lourd
J'ai donné à ma joie de comprendre la forme
D'une jarre parfaite.


Mis cumbres eran a mi medida...


Mis cumbres eran a mi medida
Rodé por todos mis barrancos
Y estoy seguro que mi vida es banal
Mis amores crecieron en un jardín común
Mis verdades y mis errores
Dude pesarlos como se pesa
El trigo que el sol duplica
O bien el que falta a las granjas
Di a mi sed la sombra de un pesado abismo
Di a mi alegría comprender la forma
De una jarra perfecta.

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posted by Alfil @ 7:04 PM   0 comments
Paul Eluard -Je te regarde et le soleil grandit...-
Je te regarde et le soleil grandit...
Paul Eluard (1895-1952)

Je te regarde et le soleil grandit
Il va bientot couvrir notre journée
Eveille-toi coeur et couleur en tete
Pour dissiper les malheurs de la nuit

Je te regarde tout est nu
Dehors les barques ont peu d'eau
Il faut tout dire en peu de mots
La mer est froide sans amour

C'est le commencement du monde
Les vagues vont bercer le ciel
Toi tu te berces dans tes draps
Tu tires le sommeil à toi

Eveille-toi que je suive tes traces
J'ai un corps pour t'attendre, pour te suivre
Des portes de l'aube aux portes de l'ombre
Un corps pour passer ma vie à t'aimer

Un coeur pour rever hors de ton sommeil


Te miro y el sol se agranda...

Te miro y el sol se agranda
Pronto cubrirá nuestro día
Despierta con todo tu corazón
Con todos tus colores
Para disipar las desdichas nocturnal

Te miro todo está desnudo
Fuera las barcas tienen poca agua
Hay que decir todo en pocas palabras
El mar está frío sin amor

Es el comienzo del mundo
Las olas van a meter el cielo
Tu te meces en tus sábanas
Atraes el sueño hacia ti

Despierta que yo sigo tus huellas
Mi cuerpo es de esperarte de seguirte
Desde el nacer del alba hasta el de la sombra
Un cuerpo de pasar mi vida amándote

Un corazón para soñar
Afuera de tu sueño.

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posted by Alfil @ 7:00 PM   0 comments
Paul Eluard -L'égalité des sexes-
L'égalité des sexes
Paul Eluard (1895-1952)

Tes yeux sont revenus d'un pays arbitraire
Où nul n'a jamais su ce que c'est qu'un regard
Ni connu la beauté des yeux, beauté des pierres,
Celle des gouttes d'eau, des perles en placards,

Des pierres nues et sans squelette, ô ma statue,
Le soleil aveuglant te tient lieu de miroir
Et s'il semble obéir aux puissances du soir
C'est que ta tête est close, ô statue abattue
Par mon amour et par mes ruses de sauvage.
Mon désir immobile est ton dernier soutien
Et je t'emporte sans bataille, ô mon image,
Rompue à ma faiblesse et prise dans mes liens.


La igualdad de los sexos

Tus ojos han vuelto de un país arbitrario
Donde nadie jamás supo lo que es una mirada
Ni conoció la belleza de los ojos, belleza de las piedras,
La de las gotas de agua, de perlas en alacenas,

Piedras desnudas y sin esqueleto, oh estatua mía,
El sol deslumbrador te hace de espejo
Y si finge obedecer a las potencias de la noche
Es porque está cerrada tu cabeza, oh estatua abatida
Por mi amor y por mis ardides de salvaje.
Mi deseo inmóvil es tu último apoyo
Y te llevo sin batalla, oh imagen mía,
Diestra en mi debilidad y presa en mis cadenas.

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posted by Alfil @ 6:57 PM   0 comments
Paul Eluard -Pablo Picasso-
Pablo Picasso
Paul Eluard (1895-1952)

Les armes du sommeil ont creusé dans la nuit
Les sillons merveilleux qui séparent nos têtes.
A travers le diamant, toute médaille est fausse,
Sous le ciel éclatant, la terre est invisible
(...)


Pablo Picasso

La armas del sueño han cavado en la noche
Los surcos prodigiosos que apartan nuestras cabezas
A través del diamante, toda medalla es falsa,
Bajo el cielo brillante, la tierra es invisible
(...)

Libellés :

posted by Alfil @ 6:55 PM   0 comments
Paul Eluard -Première du monde-
Première du monde
Paul Eluard (1895-1952)

à Pablo Picasso

Captive de la plaine, agonisante folle,
La lumière sur toi se cache, vois le ciel :
Il a fermé les yeux pour s'en prendre à ton rêve,
Il a fermé ta robe pour briser tes chaînes

.Devant les roues toutes nouées
Un éventail rit aux éclats.
Dans les traîtres filets de l'herbe
Les routes perdent leur reflet.

Ne peux-tu donc prendre les vagues
Dont les barques sont les amandes
Dans ta paume chaude et câline
Ou dans les boucles de ta tête?

Ne peux-tu prendre les étoiles?
Écartelée tu leur ressembles,
Dans leur nid de feu tu demeures
Et ton éclat s'en multiplie.

De l'aube bâillonnée un seul cri veut jaillir,
Un soleil tournoyant ruisselle sous l'écorce,
Il ira se fixer sur tes paupières closes.
Ô douce, quand tu dors, la nuit se mêle au jour.


Estreno del mundo

A Pablo Picasso

Cautiva del llano, loca agonizante,
La luz sobre ti se oculta, ve el cielo:
Ha cerrado los ojos para cogerse de tu sueño,
Ha cerrado tu vestido para quebrar tus cadenas.

Delante de las ruedas trabadas
Un abanico se ríe a carcajadas.
En los traidores hilillos de la yerba
Los caminos pierden su reflejo.

¿No puedes pues tomar las olas
Cuyas barcas son las almendras
En tu palma mimosa y cálida
0 en los rizos de tu cabeza?

¿No puedes coger las estrellas?
Dividida, a ellas te pareces,
En su nido de fuego moras
Y tu resplandor ahí se multiplica.

Del alba amordazada quiere brotar un solo grito,
Un sol giratorio chorrea bajo la corteza,
Irá a fijarse en tus párpados cerrados.
Oh, dulce, cuando duermes, noche y día se mezclan.

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posted by Alfil @ 6:51 PM   0 comments
Paul Eluard -A perte de vue-
A perte de vue
Paul Eluard (1895-1952)

Tous les arbres toutes leurs branches toutes leurs feuilles
L'herbe à la base les rochers et les maisons en masse
Au loin la mer que ton oeil baigne
Ces images d'un jour après l'autre
Les vices les vertus tellement imparfaits
La transparence des passants dans les rues de hasard
Et des passants exhalées par tes recherches obstinées
Tes idées fixes au coeur de plomb aux lèvres vierges
Les vices les vertus tellement imparfaits
La ressemblance des regards de permission avec les yeux que tu conquis
L'imitation des mots des attitudes des idées
Les vices les vertus tellement imparfaits
L'amour c'est l'homme inachevé.


Hasta perderse de vista

Todos los árboles todas sus ramas todas sus hojas
La yerba en la base los peñascos y las casas en masa
A lo lejos el mar que baña tus ojos
Estas imágenes de un día tras otro
Los vicios las virtudes tan imperfectos
La transparencia de los transeúntes en las calles del azar
Y las transeúntes exhaladas por tus buscas obstinadas
Tus ideas fijas de corazón de plomo los labios vírgenes
Los vicios las virtudes tan imperfectos
La semejanza de las miradas de permiso con los ojos que tú conquistas
La confusión de los cuerpos de los hastíos de los ardores
La imitación de las palabras de las actitudes de las ideas
Los vicios las virtudes tan imperfectos
El amor es el hombre inconcluso.

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posted by Alfil @ 6:48 PM   0 comments
Paul Eluard -Facile-
Facile
Paul Eluard (1895-1952)

Tu te lèves l'eau se déplie
Tu te couches l'eau s'épanouit

Tu es l'eau détournée de ses abîmes
Tu es la terre qui prend racine
Et sur laquelle tout s'établit

Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits
Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l'arc-en-ciel,
Tu es partout tu abolis toutes les routes

Tu sacrifies le temps
À l'éternelle jeunesse de la flamme exacte
Qui voile la nature en la reproduisant

Femme tu mets au monde un corps toujours pareil
Le tienTu es la ressemblance.


Fácil

Te levantas el agua se despliega
Te acuestas el agua se esponja

Eres el agua apartada de sus abismos
Eres la tierra que echa raíces
Y donde todo se establece

Haces burbujas de silencio en el desierto de los ruidos
Cantas himnos nocturnos en las cuerdas del arco iris
Estás dondequiera anulas todos los caminos

Sacrificas el tiempo
A la eterna juventud de la llama exacta
Que vela a la naturaleza al reproducirla

Mujer das a luz un cuerpo siempre igual
El tuyo

Eres la semejanza.

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posted by Alfil @ 6:46 PM   0 comments
Paul Eluard -Les yeux fertiles-
Les yeux fertiles
Paul Eluard (1895-1952)

On ne peut me connaître
Mieux que tu me connais

Tes yeux dans lesquels nous dormons
Tous les deux
Ont fait place à mes lumières d'hommes
Un sort meilleur qu'aux nuits du monde

Tes yeux dans lesquels je voyage
Ont donné aux gestes des routes
Un sens détaché de la terre

Dans tes yeux ceux qui nous révèlent
Notre solitude infinie
Ne sont plus ce qu'ils croyaient être

On ne peut me connaître
Mieux que je te connais.


Los ojos fértiles

No pueden conocerme
Mejor que tú

Tus ojos donde dormimos
Ambos
A mis luces de hombre le han hecho
Un sortilegio mejor que a las noches del mundo

Tus ojos donde viajo
Han dado a las señales de los caminos
Un sentido apartado de la tierra

En tus ojos quienes nos revelan
Nuestra soledad infinita
No son ya quienes creían ser

No se te puede conocer
Mejor de lo que yo te conozco.

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posted by Alfil @ 6:41 PM   0 comments
Paul Eluard -La poésie doit a avoir but la vérité pratique-
La poésie doit a avoir pour but la vérité pratique
Paul Eluard (1895-1952)

À mes amis exigeants

Si je vous dis que le soleil dans la forêt
Est comme un ventre qui se donne dans un lit
Vous me croyez vous approuvez tous mes désirs

Si je vous dis que le cristal d’un jour de pluie
Sonne toujours dans la paresse de l’amour
Vous me croyez vous allongez le temps d’aimer

Si je vous dis que sur les branches de mon lit
Fait son nid un oiseau qui ne dit jamais oui
Vous me croyez vous partagez mon inquiétude

Si je vous dis que dans le golfe d’une source
Tourne la clé d’un fleuve entr’ouvrant la verdure
Vous me croyez encore plus vous comprenez

Mais si je chante sans détours ma rue entière
Et mon pays entier comme une rue sans fin
Vous ne me croyez plus vous allez au désert

Car vous marchez sans but sans savoir que les hommes
Ont besoin d’être unis d’espérer de lutter
Pour expliquer le monde et pour le transformer

D’un seul pas de mon coeur je vous entraînerai
Je suis sans forces j’ai vécu je vis encore
Mais je m’étonne de parler pour vous ravir

Quand je voudrais vous libérer pour vous confondre
Aussi bien avec l’algue et le jonc de l’aurore
Qu’avec nos frères qui construisent leur lumière


La poesía debe tner por meta la verdad práctica

A mis amigos exigentes

Si os digo que el sol en el bosque
El como un vientre que se entrega en un lecho
Me creéis aprobáis todos mis deseos

Si os digo que el cristal de un día lluvioso
Suena siempre en la pereza del amor
Me creéis prolongáis el tiempo de amar

Si os digo que en las ramas de mi lecho
Hace su nido un pájaro que jamás dice sí
Me creéis compartís mi inquietud

Si os digo que en el golfo de una fuente
Gira la llave de un río entreabriendo la verdura
Me creéis aún más comprendéis

Pero sin canto sin rodeos mi calle entera
Y mi país entero como una calle sin fin
No me creéis ya vais al desierto

Pues camináis sin rumbo sin saber que los hombres
Necesitan estar unidos esperar luchar
Para explicar el mundo y para transformarlo

Con un solo paso de mi corazón os arrastraré
Estoy sin fuerzas he vivido vivo todavía
Pero me sorprendo de hablar para encantaros

Cuando quisiera liberaros para confundiros
Tanto con el alga y la caña de la aurora
Como con nuestros hermanos que construyen su luz.

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Paul Eluard -Le miroir d'un moment-
Le miroir d'un moment
Paul Eluard (1895-1952)

Il dissipe le jour,
Il montre aux hommes les images déliées
de l`apparence,
Il enlève aux hommes la possibilité de se distraire.
Il est dur comme la pierre,
La pierre informe,

La pierre du mouvement et de la vue,
Et son éclat est tel que toutes les armures,
tous les masques en sont faussés.
Ce que la main a pris dédaigne même de prendre
la forme de la main,

Ce qui a été compris n`existe plus,
L`oiseau s`est confondu avec le vent,
Le ciel avec sa vérité,
L`homme avec sa realité.


El espejo de un momento

Disipa el día,
Muestra a los hombres las imágenes desligadas de la apariencia,
Quita a los hombres la posibilidad de distraerse,
Es duro como la piedra,
La piedra informe,

La piedra del movimiento y de la vista,
Y tiene tal resplandor que todas las armaduras y todas las máscaras
quedan falseadas.
Lo que la mano ha tomado ni siquiera se digna tomar la forma
de la mano,

Lo que ha sido comprendido ya no existe,
El pájaro se ha confundido con el viento,
El cielo con su verdad,
El hombre con su realidad.

Versión de Aldo Pellegrini

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Paul Eluard -L'aume je t'aime...-
L'aube je t'aime...
Paul Eluard (1895-1952)

L'aube je t'aime j'ai toute la nuit dans les veines
Toute la nuit je t'ai regardée
J'ai tout à deviner je suis sûr des ténèbres
Elles me donnent le pouvoir
De t'envelopper
De t'agiter désir de vivre
Au sein de mon immobilité
Le pouvoir de te révéler
De te libérer de te perdre
Flamme invisible dans le jour.

Si tu t'en vas la porte s'ouvre sur le jour
Si tu t'en vas la porte s'ouvre sur moi-même.


Al alba te amo...

Al alba te amo tengo toda la noche en las venas
Toda la noche te he contemplado
Tengo que adivinarlo todo me siento seguro en las tinieblas
Ellas me conceden el poder
De envolverte
De sacudirte deseo de vivir
En el seno de mi inmovilidad
El poder de revelarte
De liberarte de perderte
Llama invisible de día.

Si te vas la puerta se abre hacia el día
Si te vas la puerta se abre hacia mí mismo.

Versión de Aldo Pellegrini

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Paul Eluard -Max Ernst-
Max Ernst
Paul Eluard (1895-1952)

Dans un coin l'inceste agile
Tourne autour de la virginité d'une petite robe.
Dans un coin le ciel délivré
Aux épines de l'orage laisse des boules blanches.

Dans un coin plus clair de tous les yeux
On attend les poissons d'angoisse
Dans un coin la voiture de verdure de l'été
Immobile glorieuse et pour toujours.

À la lueur de la jeunesse
Des lampes allumées très tard
La première montre ses seins que tuent des insectes rouges.


Max Ernst

En un rincón el incesto ágil
Gira en torno a la virginidad del vestido corto
En un rincón el cielo liberado
Entrega esferas blancas a las espumas de la tormenta

En un rincón más claro que la totalidad de los ojos
Esperan a los peces de la angustia
En un rincón el carruaje de verdor del verano
Gloriosamente inmóvil para siempre

Al brillo de la juventud
De las lámparas encendidas con retardo
La primera muestra senos que matan a los insectos rojos.

Versión de Aldo Pellegrini

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Paul Eluard -Le Phenix-
Le Phénix
Paul Eluard (1895-1952)

Je suis le dernier sur ta route
Le dernier printemps la dernière neige
Le dernier combat pour ne pas mourir

Et nous voici plus bas et plus haut que jamais.

Il y a de tout dans notre bûcher
Des pommes de pin des sarments
Mais aussi des fleurs plus fortes que l'eau

De la boue et de la rosée,

La flamme est sous nos pieds la flamme nous couronne
A nos pieds des insectes des oiseaux des hommes
Vont s'envoler

Ceux qui volent vont se poser.

Le ciel est clair la terre est sombre
Mais la fumée s’en va au ciel
La ciel a perdu tous ces feux.

La flamme est restée sur la terre

La flamme est la nuée du cœur
Et toutes les branches du sang
Elle chante notre air

Elle dissipe la buée de notre hiver.

Nocturne et en horreur a flambé le chagrin
Les cendres ont fleuri en joie et en beauté
Nous tournons toujours le dos au couchant

Tout a la couleur de l’aurore.


El ave Fénix

Soy el último en tu camino
la última primavera y última nieve
la última lucha para no morir.

Y henos aquí más abajo y más arriba que nunca.

De todo hay en nuestra hoguera
piñas de pino y sarmientos
y flores más fuertes que el agua...

Hay barro y rocío...

La llama bajo nuestro pie la llama nos corona.
A nuestros pies insectos pájaros hombres
van a escaparse

Los que vuelan van a posarse.

El cielo está claro, la tierra en sombra
pero el humo sube al cielo el cielo
ha perdido su fuego.

La llama quedó en la tierra.

La llama es el nimbo del corazón
y todas las ramas de la sangre
Canta nuestro mismo aire..

Disipa la niebla de nuestro invierno
hórrida y nocturna se encendió la pena,
floreció la ceniza en gozo y hermosura
volvemos la espalda al ocaso.

Todo es color de aurora.

Versión de Andrés Holguín

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Paul Eluard -La mort, l'amour, la vie-
La mort, l'amour, la vie
Paul Eluard (1895-1952)

J’ai cru pouvoir briser la profondeur de l’immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang

Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vire ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J’avais éliminé le glaçon des mains jointes
J’avais éliminé l’hivernale ossature
Du voeu de vivre qui s’annule
Tu es venue le feu s'est alors ranimé
L'ombre a cédé le froid d'en bas s'est étoilé
Et la terre s'est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J'avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J'avançais je gagnais de l'espace et du temps

J'allais vers toi j'allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l'espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l'aurore des regards confiants

Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j'adorais l'amour comme à mes premiers jours.

Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une houle énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n’est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.

Les hommes sont faits pour s’entendre
Pour se comprendre pour s’aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.


La muerte, el amor, la vida...

Creí que me rompería lo inmenso lo profundo.
Con mi pena desnuda, sin contacto, sin eco,
me tendí en mi prisión de puertas vírgenes
como un muerto sensato que había sabido morir.
Un muerto coronado sólo de su nada...
Me tendí sobre las olas absurdas del verano
absorbido por amor a la ceniza.
La soledad me pareció más viva que la sangre.

Quería desunir la vida,
quería compartir la muerte
con la muerte, entregar mi corazón vacío a la vida
borrarlo todo, que no hubiera ni vidrio ni vaho...
Nada delante, nada detrás, nada entero.
Había eliminado el hielo de las manos juntas,
había eliminado la osamenta invernal
del voto de vivir que se anula.
Tú viniste y se reanimó el fuego,
cedió la sombra el frío,
aquí abajo se llenó de estrellas
y se cubrió la tierra.
De tu carne clara me sentí ligero...
Viniste, la soledad fue vencida,
tuve una guía sobre la tierra y supe
dirigirme, me sabía sin medida,
adelantaba ganaba tierra y espacio

Iba sin fin hacia la luz ...
La vida tenía un cuerpo, la esperanza tendía sus velas
promisoria de miradas confiadas para el alba.
De la noche surgía una cascada se sueños.

Los rayos de tus brazos entreabrían la niebla.
El primer rocío humedecía tu boca
deslumbrando reposo remplazaba el cansancio.
Yo amaba el amor como en mis primeros días.

Los campos están labrados las fábricas resplandecen
y el trigo hace su nido en una enorme marea,
las mieses, la vendimia, tienen muchos testigos,
nada es singular ni simple,
el mar está en los ojos del cielo o de la noche,
el bosque da a los árboles seguridad
y los muros de las casas tienen una piel común,
los caminos siempre se encuentran.

Los hombres están hechos para entenderse
para comprenderse, para amarse,
tienen hijos que serán padres de los hombres,
tienen hijos sin fuego ni lugar
que inventarán de nuevo a los hombres,
y la naturaleza y su patria
la de todos los hombres
la de todos los tiempos.

Versión de Andrés Holguín

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posted by Alfil @ 5:28 PM   0 comments
Paul Eluard -À peine défigurée-
À peine défigurée
Paul Eluard (1895-1952)

Adieu tristesse
Bonjour tristesse
Tu es inscrite dans les lignes du plafond
Tu es inscrite dans les yeux que j'aime
Tu n'es pas tout à fait la misère
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire
Bonjour tristesse
Amour des corps aimables
Puissance de l'amour
Dont l'amabilité surgit
Comme un monstre sans corps
Tête désappointée
Tristesse beau visage.


Apenas desfigurada

Adiós tristeza.
Buenos días tristeza.
Estás inscrita en las líneas del techo.
Estás inscrita en los ojos que amo.
Tú no eres exactamente la miseria,
pues los más pobres labios te denuncian
por una sonrisa.
Buenos días tristeza.
Amor de los cuerpos amables,
potencia del amor,
cuya amabilidad surge
como un monstruo incorpóreo.
Cabeza sin punta,
tristeza bello rostro.

Versión de Luis A. Cano

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posted by Alfil @ 5:23 PM   0 comments
Paul Eluard -Sans rancune-
Sans rancune
Paul Eluard (1895-1952)

Larmes des yeux, les malheurs des malheureux,
Malheurs sans intérêt et larmes sans couleurs,
Il ne demande rien, il n'est pas insensible,
Il est triste en prison et triste s'il est libre.

Il fait un triste temps, il fait une nuit noire
A ne pas mettre un aveugle dehors. Les forts
Sons assis, les faibles tiennent le pouvoir
Et le roi est debout près de la reine assise.

Sourires et soupirs, des injures pourrissent
Dans la bouche des muets et dans les yeux des lâches.
Ne prenez rien : ceci brûle, cela flambe!
Vos mains sont faites pour vos poches et vos fronts.

Une ombre...
Toute l'infortune du monde
Et mon amour dessus
Comme une bête nue.


Sin rencor

Lágrimas de los ojos, los infortunios de los infortunados,
Infortunios sin interés y lágrimas sin color.
Él no pide nada, no es insensible,
Está triste en prisión y triste si está libre.

Hace un muy triste tiempo, hace una noche negra
Sin lugar para un ciego. Los fuertes
Están sentados, los débiles tienen el poder
Y el rey está de pie y la reina sentada.

Sonrisas y suspiros, injurias que se pudren
En bocas de mudos y ojos de cobardes.
No toquéis nada: ¡esto quema, esto arde!
Vuestras manos están hechas
Para vuestros bolsillos y para vuestras frentes.

Una sombra...
Todo el infortunio del mundo
Y encima mi amor
Como un animal desnudo.

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posted by Alfil @ 5:18 PM   0 comments
Paul Eluard -Je t'aime-
Je t'aime
Paul Eluard (1895-1952)

Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas
Je t'aime pour aimer
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien q'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a toutes ces morts que j'ai franchies sur la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.


Te amo

Te amo por todas las mujeres que no he conocido.
Te amo por todos los tiempos que no he vivido.
Por el olor del mar inmenso y el olor del pan caliente.
Por la nieve que se funde por las primeras flores.
Por los animales puros que el hombre no persigue.
Te amo por amar.
Te amo por todas las mujeres que no amo.

Quién me refleja sino tú misma me veo tan poco
sin ti no veo más que una planicie desierta.
Entre antes y ahora
están todas estas muertes que he sorteado sobre paja.
No he podido atravesar el muro de mi espejo.
Tuve que aprender la vida como se olvida
palabra por palabra

Te amo por tu sabiduría que no me pertenece.
Te amo contra todo lo que no es más que ilusión.
Por el corazón inmortal que no poseo
crees ser la duda y no eres sino razón.
Eres el sol que me sube a la cabeza
cuando estoy seguro de mí.

Versión de Luis A. Cano

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posted by Alfil @ 5:10 PM   3 comments
Paul Eluard -Nush-
Nush
Paul Eluard (1895-1952)

Les sentiments apparents
La légèreté d'approche
La chevelure des caresses.

Sans soucis sans soupçons
Tes yeux sont livrés à ce qu'ils voient
Vus par ce qu'ils regardent.

Confiance de cristal
Entre deux miroirs
La nuit tes yeux se perdent
Pour joindre l'éveil au désir.


Nush

Los sentimientos aparentes.
Ligereza del acercarse.
La cabellera de las caricias.

Sin preocupación, sin sospechas.
Tus ojos se entregan a lo que ven:
Son vistos porque ellos miran.

Confianza de cristal
entre dos espejos.
Tus ojos se pierden en la noche
para añadir el insomnio al deseo.

Versión de Luis A. Cano

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posted by Alfil @ 5:05 PM   0 comments
Paul Eluard -L'amoureuse-
L'amoureuse
Paul Eluard (1895-1952)

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire


La enamorada

Ella está de pie sobre mis párpados
y sus cabellos están en los mios
Ella tiene la forma de mis manos
Ella tiene el color de mis ojos
Ella se desvanece en mi sombra
Como una piedra sobre el cielo
Ella tiene simpre los ojos abiertos
y no me deja dormir.
Sus sueños en plena luz
hacen evaporarse los soles
Me hacen reir, llorar y reir
Hablar sin tener nada que decir

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posted by Alfil @ 5:00 PM   0 comments
Paul Eluard -Celle de toujours, toute-
Celle de toujours, toute
Paul Eluard (1895-1952)

Si je vous dis : " j'ai tout abandonné
" C'est qu'elle n'est pas celle de mon corps,
Je ne m'en suis jamais vanté,
Ce n'est pas vrai
Et la brume de fond où je me meus
Ne sait jamais si j'ai passé.

L'éventail de sa bouche, le reflet de ses yeux,
Je suis le seul à en parler,
je suis le seul qui soit concerné
Par ce miroir si nul où l'air circule à travers moi
Et l'air a un visage aimant, ton visage,
A toi qui n'as pas de nom et que les autres ignorent,
La mer te dit : sur moi, le ciel te dit : sur moi,
Les astres te devinent, les nuages t'imaginent
Et le sang de la générosité
Te porte avec délices.
Je chante la grande joie de te chanter,
La grande joie de t'avoir ou de ne pas t'avoir,
La candeur de t'attendre, l'innocence de te connaitre,

O toi qui supprimes l'oubli, l'espoir et l'ignorance,
Qui supprimes l'absence et qui me mets au monde,
Je chante pour chanter, je t'aime pour chanter
Le mystère où l'amour me crée et se délivre.

Tu es pure, tu es encore plus pure que moi-même.


La de siempre, toda.

Si yo les digo: "he abandonado todo"
Es porque ella no es la de mi cuerpo,
Nunca hice de esto una jactancia,
No es verdad,
Y la bruma de fondo en que me muevo
No sabe nunca si he pasado.

El abanico de su boca, el reflejo de sus ojos,
Sólo yo los menciono,
Sólo yo estoy rodeado
Por ese espejo tan nulo donde el aire circula a través mío
Y el aire tiene un rostro, un rostro amado,
Un rostro enamorado, el tuyo.
A ti que no tienes nombre y los demás te ignoran,
El mar te dice: sobre mí, y el cielo: sobre mí;
Los astros te adivinan, las nubes te imaginan
Y la sangre derramada en los mejores momentos,
La sangre de la generosidad,
Te lleva con delicia.

Canto la gran alegría de cantarte,
La gran alegría de tenerte o no tenerte,
El candor en que te espero, la inocencia en que te conozco,
Oh tú que suprimes el olvido, la ignorancia y la esperanza,
Que suprimes la ausencia y me echas al mundo,
Canto para cantar, te amo para cantar
El misterio en que el amor me crea y se libera.

Eres pura, más pura todavía que yo.

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posted by Alfil @ 4:49 AM   0 comments
Paul Eluard -De l'amour la poesie. XV. Ell se penche sur moi...
De l'amour la poesie. XV. Elle se penche sur moi...
Paul Eluard (1895-1952)

Elle se penche sur moi
Le coeur ignorant
Pour voir si je l'aime
Elle a confiance elle oublie
Sous les nuages de ses paupières
Sa tête s'endort dans mes mains
Où sommes-nous
Ensemble inséparables
Vivants vivants
Vivant vivante
Et ma tête roule en ses rêves.


El amor a la poesía. XV. Se inclina sobre mí...

Se inclina sobre mí
Corazón ignorante
Para ver si la amo
Confía olvida
Bajo las nubes de sus párpados
Su cabeza se duerme en mis manos
Donde estamos
Juntos inseparables
Vivientes vivos
Vivientes viviendo
Y mi cabeza rueda en sus sueños.

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posted by Alfil @ 4:39 AM   0 comments
Paul Eluard -De l'amour la poesie. VII. La terre est bleue comme une orange...
De l'amour la poesie. VII. La terre est bleue comme une orange...
Paul Eluard (1895-1952)

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s'entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d'alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d'indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.


El amor a la poesía. VII. La tierra es azul como una naranja...

La tierra es azul como una naranja
No es ningún error las palabras no mienten
No os obligan a cantar
Y en vez de oírse unos besos
Unos insensatos amores
Su boca de alianza
Tiene todos los secretos todas las sonrisas
Y tan indulgentes vestidos
Que se le creería del todo desnuda.

Las avispas florecen de verde
El alba se coloca en torno al cuello
Un collar de ventanas
Y unas alas envuelven a las hojas
Tú tienes toda la alegría solar
Todo el sol de la tierra
Sobre los caminos de tu belleza.

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posted by Alfil @ 4:34 AM   0 comments
Paul Eluard -De l'amour la poesie. VI. Toi la seule...
De l'amour la poesie. VI. Toi la seule
Paul Eluard (1895-1952)

Toi la seule et j'entends les herbes de ton rire
Toi c'est la tête qui t'enlève
Et du haut des dangers de mort
Sur les globes brouillés de pluie des vallées
Sous la lumière lourde sous le ciel de terre
Tu enfantes la chute.

Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant
Ni la paresse ni la fatigue
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles
Au matin des caprices
Au matin des caresses visibles
Au grand matin de l'absence la chute.

Les barques de tes yeux s'égarent
Dans la dentelle des disparitions
Le gouffre est dévoilé aux autres de l'éteindre
Les ombres que tu crées n'ont pas droit à la nuit.


El amor a la poesía. VI. Tú la única

Tú la única y escucho las hierbas de tu risa
A ti te arrebata tu cabeza
Y desde lo alto de los peligros de muerte
Bajo los globos enmarañados por la lluvia de los valles
Bajo la pesada luz bajo el cielo de tierra
Tú engendras la caída.

Los pájaros ya no son refugio suficiente
Ni la pereza ni la fatiga
El recuerdo de los bosques y de los arroyos frágiles
En la mañana de los caprichos
En la mañana de las caricias visibles
En la clara mañana de la ausencia la caída.

Las barcas de tus ojos se extravían
En el encaje de las desapariciones
El abismo es revelado que los otros lo extingan
Las sombras que tú creas no tienen derecho a la noche.

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posted by Alfil @ 4:24 AM   0 comments
Paul Eluard -De l'amour la poesie. IV. Ja te l'ai dit...
De l'amour la poesie. IV. Ja te l'ai dit...
Paul Eluard (1895-1952)

Je te l'ai dit pour les nuages
Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l'oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l'ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.


El amor a la poesía. IV. Ya te lo he dicho

Te lo he dicho para las nubes
Te lo he dicho para el árbol del mar
Para cada ola para los pájaros entre las hojas
Para los guijarros del ruido
Para las manos familiares
Para la mirada que se hace rostro o paisaje
Ya quien el sueño devuelve el cielo de su color
Para la noche entera bebida
Para la verja de los caminos
Para la ventana abierta para una frente descubierta
Te lo he dicho para tus pensamientos para tus palabras
Toda caricia toda confianza se sobreviven

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posted by Alfil @ 4:23 AM   0 comments
Paul Eluard -La courbe de tes yeux-
La courbe de tes yeux
Paul Eluard (1895-1952)

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un round de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu

C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille de astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.


La curva de tus ojos

La curva de tus ojos da la vuelta a mi corazón.
Una ronda de danza y de dulzura,
aureola del tiempo, nocturna y segura cuna
y si ya no sé todo lo que he vivido
es que tus ojos no me vieron siempre.

Hojas de día y espuma de rocío,
cañaveral del viento, sonrisas perfumadas,
alas cubriendo el mundo de luz,
barcos cargados con el cielo y con el mar,
cazadores de los ruidos, fuentes de los colores.

Perfumes nacidos de un enjambre de auroras
que yace siempre sobre el heno de los astros,
como el día depende de la inocencia,
el mundo entero depende de tus ojos puros
y toda mi sangre fluye en sus miradas.

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posted by Alfil @ 4:09 AM   0 comments
Paul Eluard -Liberté-
Liberté
Paul Eluard (1895-1952)

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunis
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Dur miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté


Libertad

Sobre mis cuadernos de escuela,
sobre el pupitre, sobre el roble,
sobre la nieve y en la arena
escribo tu nombre.

Sobre las páginas leídas,
sobre las páginas incólumes
-piedra, sangre, papel, ceniza-
escribo tu nombre.

En las imágenes doradas,
sobre los signos de la Corte,
sobre tizonas y corazas
escribo tu nombre.

Sobre el desierto y en la jungla,
sobre la infancia de las voces,
sobre la rama y en la gruta
escribo tu nombre.

Sobre el pan blanco de los días,
sobre el prodigio de la noche,
sobre la flor y las vendimias
escribo tu nombre.

Sobre los cielos que azulan
en los estanques -muertos soles-;
sobre los lagos -vivas lunas-
escribo tu nombre.

Sobre las colinas remotas,
en las alas de los gorriones,
sobre el molino de las sombras;
escribo tu nombre.

Sobre los hálitos del alba,
sobre la mar y sus galeones,
sobre la demente montaña,
escribo tu nombre.

Sobre el vellón de los espacios
y el estertor de los ciclones,
sobre el limo de los chubascos,
escribo tu nombre.

Sobre las formas cintilantes,
sobre la pátina del bronce,
sobre las físicas verdades,
escribo tu nombre.

Sobre las rutas desveladas
y las sendas sin horizonte,
sobre las mareas humanas,
escribo tu nombre.

Sobre la llama que fulgura,
Sobre la llama que se esconde,
sobre los techos que se juntan,
escribo tu nombre.

Sobre la fruta en dos partida
del espejo que me recoge;
en mi lecho -concha vacía-
escribo tu nombre.

Sobre mi can goloso y tierno
y en la oreja que atenta pone,
sobre su salto poco diestro,
escribo tu nombre.

Sobre la grada de mi puerta,
sobre la loza y los arcones,
sobre las ascuas de la leña,
escribo tu nombre.

Sobre la carne que se entrega,
en la faz del amigo noble,
sobre la mano que se estrecha,
escribo tu nombre.

Sobre el vitral de los secretos,
sobre las bocas ya sin voces,
sobre los más hondos silencios,
escribo tu nombre.

Sobre el albergue derruido,
sobre el escombro de mi torre,
sobre los muros de mi hastío
escribo tu nombre.

Sobre la ausencia sin deseos,
sobre mi soledad insomne,
sobre los lúgubres aleros,
escribo tu nombre.

Sobre la calma que retorna,
sobre los extintos pavores,
sobre el anhelo sin memoria,
escribo tu nombre.

Y en el poder de tu palabra
mi vida vuelve a comenzar:
he renacido a tu llamada
para invocarte:

Libertad!!

Versión de Carlos López Narváez

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posted by Alfil @ 3:59 AM   1 comments
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